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UN POINT DE VUE SUR ROMAINS 13

1 Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures; car il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées par Dieu.

2  C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre de Dieu, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes.

3  Les gouvernants ne sont pas à craindre quand on fait le bien, mais quand on fait le mal. Veux-tu ne pas craindre l’autorité? Fais le bien, et tu auras son approbation,

4  car elle est au service de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, sois dans la crainte; car ce n’est pas en vain qu’elle porte l’épée, étant au service de Dieu pour (montrer) sa vengeance et sa colère à celui qui pratique le mal.

5  Il est donc nécessaire d’être soumis, non seulement à cause de cette colère, mais encore par motif de conscience.

6  C’est aussi pour cela que vous payez les impôts. Car (ceux qui gouvernent) sont au service de Dieu pour cette fonction précise.

7 Rendez à chacun ce qui lui est dû: la taxe à qui vous devez la taxe, l’impôt à qui vous devez l’impôt, la crainte à qui vous devez la crainte, l’honneur à qui vous devez l’honneur.

 

Voici quelques observations sur la façon dont on peut comprendre ce passage.

1.         LE BIEN

Ce qui ressort de ce texte, c’est la notion du bien; faire le bien, pour ton bien. Nous sommes appelés à vivre selon ce qui est bien, et ceci, tant du point de vue de celui qui est soumis que de celui qui est en autorité; c’est une relation de réciprocité. Il y a donc ici une présupposition : je me soumets à une autorité qui fait le bien, et non qui ferait le mal.

Or, j’observe au Québec depuis l’été 2020 qu’il y a évidence de maltraitance de la population. Les autorités ne font pas du bien à la population. Les dommages collatéraux sont de toute évidence pires que ceux du virus. En tant que chrétien, les limites de ma soumission aux autorités ne reposent pas seulement sur le fait qu’on me laisse libre de prêcher la Parole, mais aussi sur la liberté de mouvement, d’entrer en relations, pour la santé globale de la population. Lorsque les autorités imposent sur du long terme des mesures « contre nature » (distanciation sociale, masques, isolation, interdiction de travailler,…), elles ne veillent pas au bien-être de la population.

2.         L’INSTITUTION QUI VIENT DE DIEU

Il est impossible de comprendre que l’expression il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées par Dieu s’applique à absolument tous ceux qui ont été, sont ou seront en position d’autorité, sans entacher le caractère d’un Dieu juste et bon. Car un Dieu bon n’approuve pas les dictateurs, tortionnaires, etc.

Nous sommes donc obligés de comprendre qu’il s’agit plutôt que Dieu a établi une structure, un ordre, pour que règne l’ordre dans la société, et qu’il est possible que des leaders abusent de leur pouvoir pour dominer. Lu 22:25 Jésus leur dit: Les rois des nations les dominent et ceux qui ont autorité sur elles se font appeler bienfaiteurs. Alors que le texte mentionne la notion de service : elle est au service de Dieu pour ton bien. Dieu a institué une structure qui est bonne, pour autant que ceux qui s’en servent s’en servent à bon escient.

3.         S’OPPOSER

celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre de Dieu

Dans un tel contexte, on peut accepter qu’il y a place pour s’opposer à des personnes qui usurpent l’autorité que Dieu leur a conférée. Sans s’y arrêter, il y a une multitude d’exemples bibliques qui vont dans ce sens, en commençant par Moïse devant le Pharaon, Mardochée, Daniel et ses compagnons, Jean-Baptiste, etc..

4.         LA NOTION DE SOUMISSION FACE À LA MALTRAITANCE

Appliquer aveuglément la soumission et l’obéissance aux situations d’abus et de maltraitance est contraire à l’intention de Dieu. Facile à comprendre quand on pense au mari qui maltraite physiquement et mentalement sa femme; dans un tel cas, elle doit se retirer de sous l’autorité de son mari.

5.         LA CONSCIENCE

5  Il est donc nécessaire d’être soumis, non seulement à cause de cette colère, mais encore par motif de conscience.

Chaque individu a une conscience. C’est sa responsabilité propre de se laisser interpeller par celle-ci. Paul attestait d’être vrai dans ses propos en faisant appel à sa conscience : Ro 9:1 Je dis la vérité en Christ, je ne mens pas, ma conscience m’en rend témoignage par le Saint-Esprit. Paul demandait qu’on lui fasse confiance.

La Parole exhorte à garder un conscience pure. Mais il appartient à chacun personnellement d’y veiller, dans sa soumission à Dieu. Personne ne peut dicter la conscience d’un autre; c’est le travail du St-Esprit.

 

 

6.         LE CONTEXTE HISTORIQUE DE ROMAINS 13.

Certains apporteront l’objection que Paul et les chrétiens romains n’étaient certainement pas sous un régime de bonté, avec le gouvernement de Rome. Or, il en était peut-être autrement. Voici une référence intéressante:

 

Toute autorité vient-elle de Dieu?

« Car il n'y a pas d'autorité sinon de Dieu », telle est la traduction de Romains 13,1, un passage qui sert souvent de tremplin de justification à n'importe quel type d'autorité tant dans le domaine politique que dans les Églises. Ce passage de la lettre aux Romains a été rendu de plusieurs manières dans nos versions modernes de la Bible. Quoi qu'il en soit, toutes les versions susmentionnées font allusion à l'origine divine de l'autorité. Comment comprendre ce passage? Nous nous proposons de l'interpréter en tenant compte des contextes littéraire et historique de la lettre aux Romains.

Le contexte littéraire de Romains 13

     Un texte extrait de son contexte devient un prétexte. Ainsi, l'expression « toute autorité vient de Dieu », en dehors de son contexte littéraire, peut bien servir de prétexte pour asseoir toutes les formes d'autorité, même les plus oppressives. Il convient donc de préciser le contexte littéraire de cette expression en vue d'éviter une interprétation littérale ou tendancieuse de ce passage.

     Romains 13,1 appartient à la seconde partie de la lettre, qui commence à partir du chapitre 12. Cette partie, caractérisée par une série d'exhortations, est dite partie pastorale de la lettre. Après les spéculations théologiques des onze premiers chapitres, dominés par les thèmes de la justification et la foi (1–4), la Loi mosaïque (5–8) et l'élection d’Israël (9–11), l'Apôtre inaugure la partie pastorale par un ton tout à fait particulier : « Je vous exhorte donc… » (cf. Rm 12,1). À la différence de la première partie (Rm 1–11) qui énonce des vérités fondamentales sur la doctrine chrétienne, la partie pastorale (Rm 12–16) est composée d'exhortations pratiques qui ne se justifient que par rapport aux circonstances concrètes vécues par la communauté à laquelle l'Apôtre destine sa lettre. Par conséquent, l'exhortation « soyez soumis aux autorités » (cf. Rm 13,1), comme toutes les exhortations à caractère pastoral, devrait être interprétée tout en tenant compte de besoins de la communauté à laquelle elle est adressée. D'où la nécessité de dire un mot sur le contexte historique présupposé par l'expression « toute autorité vient de Dieu ».

 

 

Le contexte historique de la lettre aux Romains

     Le passage qui fait objet de notre réflexion (Rm 13,1) correspond certainement à une situation historique donnée. Quel est donc ce contexte historique? La présence des chrétiens à Rome remonte à l'époque de Caligula qui fut Empereur de l'an 37 à 41 ap. J. C. Quant à savoir comment l'autorité romaine se comportait vis-à-vis des chrétiens, rappelons que l'Empereur Claude, qui a régné de l’an 41 à 54 ap. J. C., avait chassé les missionnaires judéo-chrétiens de Rome vers l'an 48 ap. J. C. (cf. Ac 18,2). L'on sait aussi que plus tard, à l'époque de Néron, les chrétiens seront victimes d'une répression sanglante qui fera beaucoup de martyrs dans l'Église, dont les Apôtres Pierre et Paul. Après l’incendie de la ville de Rome, imputée injustement aux chrétiens, la haine populaire contre les disciples du Christ finira par contraindre ceux-ci à élire domicile dans les catacombes en vue d’échapper à la cruauté de l'Empereur.

     Bref, les relations entre l'autorité impériale et les chrétiens de Rome avaient connu des moments on ne peut plus désagréables. Toutefois, en dehors de ces faits cruels orchestrés par l'autorité romaine à l'endroit des chrétiens, il y a lieu de signaler que quand Paul écrivait aux Romains, vers l'an 56 de notre ère, l'autorité romaine était moins totalitaire qu'on ne le croirait. En effet, selon certains historiens, à partir de l'an 54 jusqu’à 62, grâce à la présence du Philosophe Sénèque dans la Cour de Néron, l'administration impériale s'était montrée suffisamment bienveillante à l'égard des populations. C'est ainsi que protestant contre les fausses accusations portées contre lui par les notables juifs à Césarée, Paul, confiant à l'autorité impériale, n'hésitera pas à solliciter le recours au tribunal de César (cf. Ac 25,1-12). C'est que l'Apôtre ne doutait pas de l'impartialité de la justice impériale. C'est à ce type d'autorité que Paul pense au moment où il enjoint aux chrétiens de Rome de se soumettre aux autorités : une autorité au service du bien et de la justice dans la société.

     Il convient donc de ne pas appliquer l'expression « Toute autorité vient de Dieu » à nos dictatures modernes ni à n'importe quel pouvoir oppressif dans l'Église ou dans la Société civile. En tout cas, quand Paul écrivait aux Romains, il ne pensait certainement pas à nos systèmes. En dernier ressort, l'expression « toute autorité vient de Dieu », liée aux circonstances historiques précises, ne saurait servir de règle de référence pour n'importe quel type d'autorité.

De quelle autorité Paul parle-t-il?

     En demeurant attentif au contexte littéraire de Romains 13, on se rend bien compte que l'Apôtre énumère, entre les lignes, les caractéristiques principales d'une autorité qui peut se réclamer d'origine divine:

En effet, les magistrats ne sont pas à craindre quand on fait le bien, mais quand on fait le mal. Veux-tu n'avoir pas à craindre l'autorité? Fais le bien et tu recevras des éloges ; car elle est un instrument de Dieu pour te conduire au bien. Mais crains, si tu fais le mal ; car ce n'est pas pour rien qu'elle porte le glaive : elle est un instrument de Dieu pour faire justice et châtier qui fait le mal. (Rm 13,3-4)

     Partant de ces versets, dégageons les caractéristiques de l'autorité à laquelle l'Apôtre fait allusion. Une autorité qui vient de Dieu doit garantir de l'ordre public : « Les magistrats ne sont pas à craindre quand on fait le bien, mais quand on fait le mal » (Rm 13,3). Comme le suggère ce verset, l'autorité qui vient de Dieu ne laisse pas impunis les récalcitrants. Veiller à sanctionner les désobéissants, c'est, en d'autres termes, se montrer garant de l'ordre public et de la sécurité des biens et des personnes. En revanche, une autorité qui brille par l'impunité, le laisser-aller, une autorité qui favorise le libertinage et qui n'est pas capable d'assurer la sécurité au sein de la société, ne peut venir de Dieu. Une autorité qui vient de Dieu doit être au service du bien de la société : « Elle (autorité) est un instrument de Dieu pour te conduire au bien » (Rm 13,4a). C'est donc une autorité qui encourage les citoyens à poser des actes susceptibles de rendre la vie agréable dans la communauté.

     Quand Paul écrivait aux Romains, il ne pensait certainement pas à nos systèmes politiques actuels, il avait comme cadre de référence le pouvoir impérial romain des années 54 de notre ère.

Roger Wawa, République Démocratique du Congo

 

 http://www.interbible.org/interBible/decouverte/comprendre/2010/clb_100507.html

 

 

MA CONCLUSION

J’ai fait ressortir 6 éléments pour essayer de comprendre et vivre Romains 13. Ces éléments sont sujets à discussion, mais sont en soi des aspects qui méritent considération et qui peuvent largement justifier une compréhension différente du texte et de son application.

On peut être d’accord ou non dans la façon de comprendre et d’appliquer ce passage. Mais il est primordial d’être d’accord de ne pas être d’accord, et de respecter le cheminement de chacun. Il est vital pour une église en santé de pouvoir entretenir un dialogue ouvert et respectueux des différences.

L’Église ayant la responsabilité de parler et d’agir en faveur de la justice, Il lui faudra considérer se positionner et même s’opposer lorsque les directives des autorités en place iront à l’encontre du bien et en faveur du mal. Même si cela impliquait pour certains la désobéissance civile. L’Église doit donc être un lieu respectueux des différences et de la libre expression, à l’intérieur bien sûr des limites bibliques en ce qui concerne la morale.

René Laframboise, janvier 2021.

L'obéissance aveugle en l'autorité est le plus grand ennemi de la vérité.

Albert Einstein 1901

une étude exhaustive sur le sujet:  https://www.samizdat.qc.ca/vc/quest_soc/Rom13_2020_PG.htm

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